Chronique immobilier Mai 2012
Un marché en déséquilibre
Depuis environ deux ans, on constate une recrudescence en construction
de condominiums de petite surface au centre-ville montréalais. Cette tendance a
pour effet de créer un déséquilibre flagrant au niveau de l’offre.
En effet, les nouvelles
constructions proposent des unités d’habitation dont la superficie a peine à
atteindre les 900 pi2. Dans la majorité des cas, on parle de 500,
voire 700 pi2 au maximum. Pourtant, la demande pour des condominiums
de 1 400 pi2 est bien réelle mais l’offre est inexistante. Ce
qui a pour conséquence directe de créer une pression à la hausse sur les prix
des condos de plus grandes surfaces. À titre d’exemple, je citerai une
inscription récente pour une unité de 1 350 pi2 au Westmount Square.
Prix demandé? 1 350 000$! Vous avez bien lu. On parle ici de
1 000$ le pi2.
Outre l’effet à court terme, la
surabondance de condominiums de petites surfaces aura comme conséquence à moyen
et long termes, et je l’ai déjà mentionné dans une chronique précédente, une
surplus d’unités vouées à la location. Cela sans compter évidemment les
nombreuses unités vacantes qui seront sur le marché, situation causée par les
nombreux chantiers qui ont cours actuellement. Pourtant, de nombreux
investisseurs étrangers figurent sur les listes de courtiers immobiliers dans
l’attente d’unités grand format. Malheureusement, les offres sont rares. Mais
comment ramener l’équilibre?
En tout lieu, c’est à la Ville de
Montréal, qui émet les permis de construction, de voir à ce que l’offre soit
diversifiée et qu’il n’y ait pas de surabondance de petits condominiums. En
contraignant les entrepreneurs à offrir des unités de format différents,
l’administration municipale permettra au marché de revenir à l’équilibre. Dans
le cas contraire, elle favorisera un nouvel exode vers les banlieues, ce qui
serait somme toute contraire à sa politique d’attraction vers Montréal.
Patricia
Lallier
Courtier immobilier et
Propriétaire de l’agence
Immeuble International II